Besso Danse
Enseignement de la danse classique à Saint-Orens
 
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Claire MOTTE


 

 

 

CLAIRE MOTTE

 

« Clairette ! Clairette ! » La voix chaude et forte de Juan Giuliano retentit dans le couloir des loges du premier étage du Théâtre du Capitole.

Juan Giuliano se tient là, devant nous, épongeant la sueur qui l’inonde après la représentation du ballet « Phèdre » de Janine Charrat, ballet qu’il vient d’interpréter avec Claire Motte et Janine Charrat elle-même.

« Phèdre » n’a eu qu’un succès d’estime ce soir. Le public toulousain n’est pas habitué à voir des ballets modernes. Celui-ci est trop « contemporain » pour lui… Les applaudissements ont été tièdes, et les danseurs sont sortis déçus. Mais nous, nous avons apprécié, et nous sommes venues féliciter Juan Giuliano que nous connaissons depuis peu. Il nous reçoit comme si nous étions des princesses. Devant notre air surpris en voyant combien il avait transpiré, il nous expose son point de vue : pour lui, un bon danseur doit entrer « trempe » en scène. Il estime qu’il faut déjà être dans cet état de transpiration pour pouvoir donner le meilleur de soi-même devant les spectateurs.

Changeant de conversation, il nous demande si nous connaissons Claire Motte. Si nous connaissons Claire Motte, danseuse étoile de l’Opéra de Paris, si nous la connaissons !!!!! …. Euh… En fait, avant ce soir, nous ne l’avions jamais vue danser et nous n’avions jamais croisé son chemin.

« Clairette ! Clairette ! … Il faut que je te présente deux jeunes femmes ! Clairette !!!!»

Un « Oui ? », interrogateur, impérieux et doux à la fois se fait entendre de l’autre côté du couloir. La porte s’ouvre, Claire Motte apparaît en peignoir d’intérieur. Quelle classe ! La présentation faite, elle nous invite gentiment à entrer dans sa loge, un merveilleux sourire aux lèvres. Notre discussion va bon train pendant qu’elle ôte délicatement ses faux cils, qu’elle se démaquille avec beaucoup d’attention et qu’elle défait patiemment son chignon. Tous ses gestes sont délicats, précis, mesurés.

Voyant notre regard vers la dizaine de chaussons de pointes disposés sur sa tablette de maquillage, elle nous explique qu’elle aime être prévoyante… Un lacet peut craquer, une paire peut être devenue trop molle, une broderie peut s’être déchirée… Ce faisant, elle en prend une paire, nous montre comment elle les « brise » avant de les chausser, elle les caresse du bout de ses doigts, les fait tourner dans ses mains avec élégance, les repose doucement sur le plan de travail, c’est un véritable moment d’amour, un instant privilégié où l’on entend même le silence, tellement « le temps suspend son vol ».

Elle s’exprime avec beaucoup de simplicité, et cette simplicité pénètre jusqu’au fond de notre cœur. Tout en continuant à discuter avec nous, elle s’installe devant le miroir, se coiffe et se maquille. En souriant, elle nous raconte qu’elle refait toujours ces gestes avant de sortir car elle le doit à son public. Le public est venu voir danser l’étoile, mais quand il l’attend, dehors, dans le froid, sous la pluie ou par une chaleur torride, il attend la Star. Et la Star est aussi une femme, la Femme , et elle estime que cette Star, cette Femme ne doit pas décevoir son public. Elle se doit de se présenter comme elle le ferait pour assister à une soirée Parisienne… C’est un principe que nous avons toujours essayé d’inculquer à nos élèves, filles et garçons…

Elle parle et parle encore, ses mains s’animent, ses yeux sont vifs et malicieux, son regard tendre et généreux. Elle parle, mais elle nous écoute aussi… attentive, passionnée, amicale !

Elle finit par nous inviter à venir la voir chaque fois que nous le voulons et que nous le pouvons. « Même à l’Opéra, vous me demandez en arrivant à la loge du Concierge, cela ne posera aucun problème ! » Aucun problème en effet, que ce soit un 14 juillet ou un 15 août, on pouvait trouver Claire Motte en train de travailler sous la Rotonde !

Elle se lève en nous disant qu’elle va finir de se préparer pour rejoindre le public qui l’attend dehors. Elle nous embrasse tendrement et nous voilà dans le couloir, subjuguées, envoûtées, émerveillées…

Quelle rencontre extraordinaire !

Par la suite, nous l’avons souvent rencontrée …

Lors de Soirées Parisiennes pendant lesquelles nous avons eu des conversations animées sur des sujets aussi variés que l’histoire, (les rois de France, les châteaux de la Loire…), la danse, (les ballets, les chorégraphies, les générations de danseurs…), la musique, (les musiciens, leurs œuvres…), les souvenirs de voyage…

Lors de stages ou de concours de danse pendant lesquels nous  avons pu apprécier son honnêteté à toute épreuve car même si elle y présentait des élèves, et même si elle faisait partie du jury, elle ne les a jamais privilégiés par rapport aux autres candidates quand ces dernières étaient meilleures que celles qu’elle présentait…

Dans les coulisses d’un théâtre ou dans les couloirs d’un hôtel …

Nous avions beaucoup d’amitié envers elle … Et elle nous appelait « mes chères amies ».

Certains soirs il m’arrive encore d’entendre son rire qui était si clair, aussi clair que son prénom !!!


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